NosVilles – Recherches Urbaines

A LA UNE

Publié par : nosvilles le : août 26, 2008

PARTICIPATION A TOUT PRIX ! A QUEL PRIX ?

Aujourd’hui, tous les projets d’urbanisme, qu’ils soient réglementaires ou opérationnels, sont dans l’obligation légale de recueillir et de prendre en compte les avis de la population concernée. Cette démocratie participative et citoyenne est sans conteste un minimum dans le processus d’élaboration de projets qui touchent d’aussi près le quotidien de l’habitant. Ce dernier est ainsi devenu, juridiquement, un habitant citoyen libre de critiquer et de donner son point de vue. Mais, qu’en est-il aujourd’hui de cette participation citoyenne ? Comment s’organise les voix d’opposition ? Et, quelle place l’urbaniste occupe-t-il dans un combat avant tout politique ?

Une participation locale ancrée et organisée

Un projet d’urbanisme ne passe jamais inaperçu à ceux qui sont directement concernés. A l’échelle locale c’est souvent un sujet d’actualité qui mobilise autant les associations que les comptoirs des cafés du commerce et les journaux locaux. Dans la population, chacun a son avis sur la question : “La rocade, mais pourquoi ils l’ont fait passer par-là, faut faire tout le tour pour aller au gymnase”, “Ils ont détruit le vieil immeuble à côté de la mairie”, “T’as entendu parlé du nouveau plan d’urbanisme, il parait que le terrain de Gégé est devenu inconstructible“, les exemples sont nombreux. Dans les journaux, les rédactions tentent d’analyser les bienfaits et les méfaits du projet, le plus souvent, en faisant intervenir les parties en présence. Du côté des associations, les membres actifs s’activent pour décortiquer le projet et trouver des chevaux de bataille.

Où sont passés les habitants citoyens ?

Cette notion d’habitant citoyen est depuis longtemps un des moteurs du bien fondé de l’existence d’une participation du “public” dans les projets d’urbanisme.  Pourtant, depuis longtemps, également, la place a été trustée par les associations. En première ligne se tiennent les associations écologiques, qui veillent à défendre les intérêts de mère nature dans le développement et l’évolution des établissements humains. Suivi d’associations d’habitants regroupés autour de la remise en cause d’un des aspectsdu projet ou défendant leur intérêt au sein du projet. Ainsi, l’habitant citoyen est devenu une myriade  de groupes d’intérêt particulier.

Et l’urbaniste dans tout ça ?

Confronté à tous ces avis divergents, l’urbaniste doit les intégrer tout en préservant l’essence de son projet. Mais, avant tout, il doit défendre l’intérêt général et veiller à la pérennité à moyen et long terme. Exercice délicat et périlleux dans un monde diriger avant tout par des intérêts politiques pour qui l’urbanisme est une vitrine de l’efficacité de l’équipe élue et non un moyen pour améliorer le cadre de vie des habitants.

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6 réponses vers "A LA UNE"

Je ne peux que souscrire à ce que ce thème soit débattu.
Pour autant, le texte présenté me semble plutôt caricatural. Je suis urbaniste et j’ai même commencé ma carrière en travaillant plusieurs années sur les questions d’urbanisme participatif et je conserve de cette période des convictions fortes.

Quelques remarques rapides que je pourrai étayer plus avant:
- D’abord s’il y a projet, ce n’est pas celui de l’urbaniste, c’est un projet collectif.
- Ensuite, il faut sortir de ce schéma ancien “pré grenellien” présentant les associations de façon générale et comme des lobbies de défense du NIMBY.
- Enfin, la maïeutique est devenu l’outil indispensable pour favoriser dans le cadre du débat public l’émergence de la problématique du développement durable, qui est très certainement une féçon plus proactive de fabriquer “l’intérêt général”.

Le projet d’urbanisme est en lui-même le reflet d’un besoin collectif que le pouvoir public tien à réaliser. L’interaction des citoyens concernés et le concepteur doit être une premise organisé et constante, avec le respect du travail professionnel en contrepartie d’un projet que sert à tous

bonjour,

La notion de concertation est au cœur de tout nouveau projet d’urbanisme.

Cependant, quelles sont les modalités de cette concertation? En quoi devons nous rappeler la frontière qui existe entre concertation et participation?

Je trouve le sujet intéressant mais il repose peut-être sur une vision éculée des choses.

Comment peut-on pratiquer la maïeutique lors d’une étude de terrain? Cela repose-t-il uniquement sur des entretiens et une interprétation a postériori de ceux-ci?

Je crois que il ne faut pas avoir peur des démarches participatives lors de la conception d’un projet d’urbanisme. Bien sûr il y aura des intérêts divergents et des exigences contrastantes, et la tâche du planificateur semblera être plus lourde, mais le plan qui sortira d’une démarche participative sera sans doute plus solide. Il y aura plus de chance que le plan sera réalisé jusqu’au bout (et les citoyens, au lieu de protester, veilleront pour que le plan soit réalisé jusqu’au bout) et plus de chance que le plan, une fois réalisé, favorisera la vie des citoyens.

Confronté à tous ces avis divergents, l’urbaniste doit les intégrer tout en préservant l’essence de son projet. Mais, avant tout, il doit défendre l’intérêt général et veiller à la pérennité à moyen et long terme

Comment se faire une idée précise de “l’intérêt général” que l’urbaniste doit -selon ce texte – défendre ? Et si jamais une idée précise de l’intérêt général émerge (la mixité sociale par exemple), comment l’urbaniste a la capacité de la traduire dans les projets urbains ? sur quelle base ? avec quels outils ? C’est plutôt en ces termes que je poserais le débat.

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