Paris contre Saclay : la bataille des campus a commencé

De Clarisse Jay, pour la Tribune

Bertrand Delanoë lance une consultation sur l’aménagement du "campus" de la capitale. La mairie de Paris promeut le concept d’un "grand quartier latin" qu’elle souhaite plus attractif pour les 600.000 étudiants franciliens que le modèle américain défendu par l’Etat sur le plateau de Saclay.

La Ville de Paris a décidé de mettre en avant son action pour ses campus universitaires face à la politique gouvernementale. Un comité de pilotage va être créé avec les quatre pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) parisiens (Sorbonne Universités, Sorbonne Paris Cité, Hesam et Paris Sciences et Lettres-Quartier latin) et une consultation sur l’aménagement du "campus de Paris" va être lancée, a annoncé hier la municipalité. Un architecte-urbaniste, aidé par une "équipe pluridisciplinaire" doit être désigné au deuxième trimestre 2011 dans le cadre d’un appel d’offres afin de mener une "mission globale de définition et de proposition d’interventions dans l’espace public valorisant Paris comme Ville Université".

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En plus : Paris veut mettre en lumière ses campus universitaires du Quartier latin, Le Point, Lire

 

Les comportements citoyens, un levier pour la préservation de l’agriculture périurbaine

De Maëlle Meralli-Ballou, pour Echos de métropole (CAUE69)

Dans mon précédent article, j’ai présenté les signes de changement dans la considération des espaces agricoles périurbains. Désormais, les documents de planification prennent en compte les espaces naturels et agricoles et les départements développent une politique spécifique en direction des espaces naturels périurbains. Mais, le phénomène de métropolisation est largement le fait de logiques fonctionnelles et d’évolutions sociétales qui dépassent les politiques publiques et les  tentatives de maîtrise de l’espace.

Les systèmes politiques répondent aux mouvements sociétaux, le phénomène de métropolisation est donc appréhendé entre régulation publique et impulsion de la société civile. Ainsi, la protection des espaces agricoles périphériques se construit en parallèle de mutations du comportement des consommateurs et de changements de la profession d’agriculteur. Depuis, un certain temps, nombre d’acteurs dénoncent le système agricole basé sur une surexploitation des sols, une hyper-rentabilité obtenue par l’industrialisation des processus de production.

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« Comment produire en nombre des logements de qualité ? »« Plus de densité et moins de normes »« Réapprendre le vivre en ville »

SudOuest

(…) Chaque semaine, « Sud Ouest » fait intervenir deux spécialistes sur une question urbanistique.

Comment produire des logements suffisamment nombreux, abordables et de qualité ? Accompagner le développement d’une agglomération millionnaire équilibrée, c’est faire que chacun, quelque soit ses revenus, trouve un logement adapté à ses besoins. Pour cela, le développement de la part des logements locatifs sociaux et de l’accession sociale à la propriété doit être accéléré. Il s’agit non seulement d’assurer une production quantitativement suffisante mais aussi de prendre en compte les impératifs de réduction du coût du logement dans le budget des habitants, la diminution de la taille des ménages et le vieillissement, et enfin d’adapter les logements à de nouveaux usages et comportements. L’enjeu est donc de construire davantage et moins cher. Tout cela sans oublier le stock de logements sociaux existant à entretenir et moderniser pour qu’ils restent appréciés.

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«On saura dans dix ans s’il faut célébrer l’accord Grand Paris»

De Sybille Vincendon, pour Grand Paris et petits détours

Le Grand Paris fut une des premières promesses de Nicolas Sarkozy. Dès juin 2007, il évoquait la nécessité d’une organisation de la région parisienne. Ce faisant, il empruntait un chemin dégagé quelques années plus tôt par la gauche parisienne.

Le trajet n’aura pas été une promenade de santé. Après quatre ans de bataille entre l’Etat et la région, deux projets de transports concurrents et le passage de trois ministres, Maurice Leroy, dernier titulaire du poste, vient de signer avec le président socialiste de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, un accord de 32 milliards d’euros sur les transports. Ce faisant, le ministre a permis au Président, de faire aboutir une promesse. Frédéric Gilli, économiste, chercheur à Sciences Po, directeur associé de l’agence Campana-Eleb-Sablic, commente la portée de l’accord. Et évoque ce qui manque pour faire naître un Grand Paris.

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Paquot : "L’urbanisme doit devenir l’affaire de tous"

Propos receuillis par Manu Gros, pour la Provence

Thierry Paquot était un des invités majeurs du festival "Image de ville". Âgé de 58 ans, il enseigne la philosophie de l’urbanisme à Paris, Bruxelles et Venise. Conférencier international et membre de plusieurs commissions aux ministères de l’Équipement ou de la Culture, il édite aussi la célébrissime revue Urbanisme et produit une émission sur France Culture. Collaborateur régulier du Monde diplomatique, il en est au 24e livre écrit ou co-écrit dont L’urbanisme c’est notre affaire.

Quel urbanisme favorise la rencontre ? Thierry Paquot : "Une ville propice à une vie urbaine fonctionne comme le centre historique d’Aix. Elle est pleine de rues et d’activités en rez-de-chaussée, durant la journée et une fois le soleil couché. C’est décisif. Sans çà, la rue devient stupide. Il ne s’y passe rien. Les gens regardent leurs chaussures et ne répondent même pas aux signes élémentaires de politesse."

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Urban After All – Repenser la ville pour les gros ?

De Philippe Gargov, pour [Pop-Up] urbain

La ville a-t-elle pour mission de nous faire maigrir ? La question peut sembler saugrenue. Elle se pose pourtant avec une insistance croissante, malgré un tabou persistant. La surcharge pondérale est en effet devenue, en quelques décennies, l’une des problématiques majeures de santé publique dans les pays développés (= fortement urbanisés), mais pas uniquement. On comptait ainsi 1,5 milliards d’adultes en surpoids et 500 millions d’obèses en 2008. Les prévisions évoquent jusqu’à 2,3 milliards d’adultes en surpoids et 700 millions d’obèses à l’horizon 2015 (Source : OMS)

S’il serait un peu réducteur de rendre la ville seule coupable de cet empâtement globalisé, celle-ci porte indéniablement une lourde responsabilité dans la diminution de nos efforts. L’OMS met ainsi en cause “la tendance à faire moins d’exercice physique en raison de la nature de plus en plus sédentaire de nombreuses formes de travail, de l’évolution des modes de transport et de l’urbanisation”, en plus évidemment d’un enrichissement calorique de notre alimentation. On notera toutefois que la ville n’est pas forcément la forme la plus avachie, comparée aux modèles rural et surtout périurbain où la marche est inévitablement marginale (distances, manque d’aménagements de type trottoirs, etc.)

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Une nouvelle étape dans le rapprochement des associations d’élus du "fait urbain"

De A.L., pour Localtis

Le 11 janvier dernier, Michel Destot, président de l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF) et député-maire de Grenoble, appelait à une meilleure organisation de travail entre l’AMGVF et les associations des maires Ville et Banlieue, des communautés urbaines de France (Acuf) et des communautés de France (ADCF), afin de "parler d’une voix unique". L’appel a été "reçu favorablement par l’ensemble des présidents des associations d’élus qui représentent le fait urbain en France", et "une charte scellant cette collaboration devrait être signée prochainement", a annoncé l’AMGVF dans un communiqué ce 8 février.

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Mettre en Seine le Grand Paris

De Jean-François Lamour et Christine Lagarde, pour les Echos

Avec le Grand Paris, le président de la République a invité chacun d’entre nous à repenser la cité, à la réinventer, pour donner un nouveau souffle à la région capitale et par effet d’entraînement, à tout le territoire national. (Tribune collective)

L’ambition de ce projet est de créer à la fois un pôle majeur de croissance économique mais aussi une vitrine de l’excellence française, un lieu d’innovation et une référence mondiale du « bien vivre » au XXIème siècle. Tout le défi qui nous est proposé aujourd’hui, est de conjuguer les exigences de développement durable, d’urbanisme, de cohésion sociale et de bien-être des Franciliens. Ce chantier est unique dans l’histoire de France par son ampleur, par la complexité et le phasage de sa réalisation, mais aussi par la détermination politique de l’Etat à le réaliser. C’est pourquoi, il doit être l’œuvre de tous. Paris, cœur de la Grande métropole, ne peut s’exclure de cette logique d’intérêt commun et faire cavalier seul.  Paris ne peut concevoir à huis clos des plans d’aménagement de ses axes structurants qui ont des répercussions pratiques et économiques pour l’ensemble des Franciliens.

Paris, cœur du Grand Paris, ne peut décider unilatéralement et égoïstement de fermer les berges de son artère centrale pour privilégier les loisirs de quelques uns au détriment du quotidien des autres. Car la Seine ne se résume pas à Paris ; elle va bien au-delà de ses limites. Elle n’est pas qu’un axe ludique ; elle est pluridimensionnelle et elle est le patrimoine de tous. La Seine, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, site historique, berceau de la capitale, support de circulation métropolitaine, ne peut se résumer à « Paris plage »…

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« Le retour en grâce des centres-villes est un mouvement durable »

Le Progrès

« La proximité répond à la demande des consommateurs. La population vieillit, les consommateurs réclament des services, recherchent du lien social et, comme le nombre de personnes par ménages tend à se réduire, les gens sont de moins à moins enclins à aller charger leurs chariots dans des hypers en périphérie », explique Gaëlle Bonnefoy-Cudraz, conseil en urbanisme commercial à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Lyon. « On a observé le déclin des centres-villes entre 1991 et 1996, puis il y a eu une stabilisation avant le retour en grâce », poursuit Bernard Gagnaire, responsable du pôle urbanisme commercial à la CCI. « C’est un mouvement de fond et structurel qui n’est pas perceptible au premier coup d’œil mais qui est durable. »

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Grand Paris : place à la concertation locale !

De Romain Lacuisse, pour Médiapart

Nés dans un contexte juridique plutôt confus, les quatre mois de débats publics consacrés au projet Arc Express et Grand Paris représentaient un réel examen de crédibilité pour cette procédure de démocratie participative. Si les commissions des débats publics ont très honorablement répondu aux défis complexes qui leur étaient soumis, beaucoup reste à faire pour la participation des habitants aux projets de transports et d’urbanisme induits par le Grand Paris. (…)

Comment comprendre la tenue de deux débats publics distincts sur des projets concurrents mais relativement similaires et sans doute appelés à converger à terme ? Nous émettions à l’époque des doutes quant à la capacité du « citoyen lambda » à s’investir dans ces débats. Premièrement du fait de cette extrême complexité juridique, deuxièmement quant au fort retentissement politique et médiatique de ce sujet, qui laissait dubitatif quant aux chances de la population de se faire entendre. Troisièmement, le manque de temps de préparation du débat sur le Grand Paris laissait craindre des difficultés pour la CPDP (commission particulière du débat public) à développer les méthodes de participation innovantes qui eussent convenu à un sujet si ample thématiquement et géographiquement.

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Au bord de la métropole

De Maël Meralli-Ballou, pour Echos de métropole (CAUE69)

Pour poursuivre le travail d’illustration du blog, j’ai fait appel à un cinéaste pour qu’il nous propose sa vision du phénomène de métropolisation.

« Au bord de la métropole » est un film qui présente la vision de Jérémy Gravayat sur le phénomène de métropolitain. Il a choisi de s’intéresser à un lieu particulier de la métropole qui concentre les va-et-vient de nombreux métropolitains. L’arrêt Meyzieu Zone Industrielle est le terminus de la ligne de tramway T3. Espace principalement dédié au transit, il est aussi un espace de travail important. Frontière plus ou moins éphémère entre ville et campagne, le film montre comment les habitants, les usagers se saisissent ou pas de cet espace. Ville utile avant tout, Meyzieu zone industrielle est un lieu ou la ville est encore monofonctionnelle, entièrement tournée vers la productivité, où l’être humain n’a pas sa place ou seulement le temps du travail. Pourtant, il accueille des publics plus variés que l’on pourrait imaginer…

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La ville dense est-elle la clé du développement durable ?

De Philippe Taris et Francine Fort, pour Sud Ouest

Bordeaux Aquitaine fête ses 40 ans. Une exposition au Hangar G2 retrace, jusqu’au 2 avril, quarante ans de fabrique de la ville. Chaque semaine, « Sud Ouest » fait intervenir deux spécialistes sur une question urbanistique. Cette semaine : « À l’échelle d’un quartier, peut-on faire cohabiter habitat, équipement, commerce et vie économique ? » (Cette semaine : Philippe Taris, Architecte urbaniste ex directeur du Creham et Francine Fort, Architecte, directrice d’Arc en Rêve)

« Ces dernières années nos villes se sont énormément étalées : entre 1970 et 2000, la population française a évolué de 20 % alors que la superficie des aires urbaines a augmenté de 250 %. Mais le phénomène n’a pas la même ampleur partout : le territoire de la Communauté urbaine de Bordeaux a la même superficie que celle de Lyon alors que sa population est deux fois moins élevée. Pour enrayer l’étalement urbain, la manière de développer et renouveler la ville est à repenser. Une des clés de la ville durable de demain est la gestion économe des sols . Elus et professionnels, nous devons mettre en œuvre une ville plus compacte, en réinventant de nouvelles formes d’habitat intégrées dans des quartiers compacts et proposant aux habitants des modes de vie basés sur les courtes distances : un urbanisme de proximité.

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La difficile marche des clubs vers la politique de la ville

De Jean Damien Lesay, pour Localtis

Les clubs sportifs dans les zones urbaines sensibles sont-ils des lieux d’intégration et d’éducation privilégiés ? L’expérimentation menée par l’Agence pour l’éducation par le sport fait émerger les conditions à la réussite des projets sociaux des clubs dans ces quartiers. Le sport ne peut pas tout. Le club doit s’inscrire de plain-pied dans son territoire, entre autres auprès des habitants en tenant compte de leurs difficultés. Experts et élus impliqués témoignent.

"Globalement, les clubs sportifs ont du mal à se mettre dans une démarche d’innovation sociale. Mais quand ça marche, on a des résultats assez exceptionnels", résume Gilles Vieille Marchiset, maître de conférence en sociologie à l’université de Franche-Comté, à propos de l’expérimentation "Les ressorts des innovations sociales dans les clubs sportifs en zones urbaines sensibles [ZUS]", menée par l’Agence pour l’éducation par le sport (Apels) avec le soutien du secrétariat général du Comité interministériel des villes. Une expérimentation dont la restitution avait lieu jeudi 3 février au Sénat.

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Huchon se couche sur le Grand Paris, les écolos voient rouge

De Tefy Andriamanana, pour Marianne2

Les élus écolos franciliens, Cécile Duflot à leur tête, protestent contre l’accord Etat-Région sur le Grand Paris. Selon Huchon a renié ses engagements face au gouvernement. C’est une sorte d’ouverture à l’envers : Jean-Paul Huchon, le président PS de la Région Ile-de-France, a conclu un « accord historique » avec Maurice Leroy, ministre de la Ville, et Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, sur le sujet. ‘…°

Un accord qui a causé une belle polémique politique. En effet, les élus écolos s’opposent à ce texte se plaignant d’avoir été mis de coté par Huchon. Cécile Duflot, présidente du groupe, a dénoncé « un projet qui n’est pas financé, et qui repose sur du sable ». Le lendemain de la signature, elle a même claqué la porte de la Commission permanente du Conseil. L’assemblée régionale doit encore valider le projet final.

Les écolos protestent notamment sur deux points précis. D’une part, selon eux, l’accord prévoit le passage du métro par le futur technopôle de Saclay. Les écolos auraient préféré un bus pouvant évoluer vers un tramway.(…) Second point de désaccord : les écolos trouvent insuffisant le nombre de gares desservies. Huchon leur a rétorqué qu’il a obtenu sept gares de plus que prévu.

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ville bandante piétonne

DeuxDegrés

Quoiqu’en disent les écolos et les amoureux des cheminements doux, le meilleur moyen de faire marcher des hommes dans la rue, c’est de mettre une jolie femme devant. Si ces femmes sont engagées par une mairie et qu’elles marchent dans la rue selon un parcours et un horaire précis, alors c’est de l’aménagement du territoire.

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Paris : « Un phénomène de retour vers le cœur des villes »

Propos receuillis par B.H., pour le Parisien

Jean-Marie Audry dirige la cellule chargée des études sociétales de l’Apur (l’Atelier parisien d’urbanisme); un organisme de recherche chargé de réaliser des analyses sur les évolutions urbaines… Cet ancien professeur d’histoire-géographie a travaillé sur l’habitat et les évolutions démographique dans la capitale. Après cinquante ans de baisse, Paris regagne des habitants.

Il n’a jamais été aussi difficile de se loger à Paris et pourtant la population de la capitale est repartie à la hausse. Comment expliquer ce paradoxe ? Jean-Marie Audry. Ces deux données sont moins contradictoires qu’il n’y paraît. Si les loyers s’envolent, c’est en partie parce que le nombre de Parisiens a augmenté et que la demande de logement est plus forte que l’offre. Depuis que la courbe démographique est repartie à la hausse, Paris gagne en moyenne 10000 habitants par an. C’est considérable et cela a forcément des effets sur le marché de l’immobilier.

Les vagues de départs qui ont vidé la capitale jusqu’à la fin des années 1990 sont-elles terminées ? Il faut relativiser les résultats de la dernière campagne de recensement. Paris a toujours fonctionné comme un énorme cœur, avec des cohortes de jeunes adultes qui arrivent chaque année pour leurs études ou pour le travail et des gens plus âgés qui partent

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