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Résidences sécurisées : la recherche de l’entre soi

3 janvier 2011

De Luc Bronner, pour Le Monde

Ce type d’habitat clos, jusque-là exceptionnel, se développe, porté notamment par des préoccupations sécuritaires. Les annonces fleurissent sur les sites Internet immobiliers et dans les brochures des promoteurs :  » Résidence entièrement close « ,  » sécurisée « , cadre  » protégé « , portail de fermeture pour interdire les voitures,  » Digicode pour l’accès piéton « … Jusque-là exceptionnelles, les résidences collectives fermées derrière des grilles se développent en France, portées par la recherche de l’entre-soi et les préoccupations sécuritaires, construites par des promoteurs qui veulent faire du calme et de la tranquillité des arguments de vente.

Quelque 13 % des nouvelles résidences commercialisées présenteraient ces caractéristiques, jusqu’à 20 % dans le sud de la France, selon le recensement effectué par un collectif de chercheurs spécialistes des questions d’urbanisme. Leurs travaux, réalisés à partir du recensement des programmes de quelque 320 promoteurs et de l’analyse de milliers d’annonces immobilières, montre une  » banalisation  » des quartiers fermés avec la volonté de filtrer ou de réguler l’entrée dans les espaces résidentiels.

Comme les Digicodes à l’entrée des immeubles, dont le nombre a explosé dans les années 1980 et 1990, les résidences closes, souvent des copropriétés, modifient le paysage urbain et l’utilisation des espaces publics et privés.  » La forme la plus courante, c’est un immeuble entouré de grilles, avec une haie qui la dissimule, un petit parc, parfois une piscine, et un grand portail à l’entrée et un portillon pour les piétons « , décrit Gérald Billard, professeur d’urbanisme à l’université du Mans, un des auteurs de l’étude (publiée en janvier par Les Carnets de l’info, sous le titre  » Quartiers sécurisés : un nouveau défi pour la ville ? « ).

Le phénomène n’a pas grand-chose à voir avec les gated communities, ces résidences importées des Etats-Unis, fermées, sécurisées et dotées de multiples services, destinées aux plus riches, pour qu’ils protègent leurs pavillons derrière barrières, grilles et Digicodes. En France, le mouvement se révèle assez différent, beaucoup moins spectaculaire mais plus diffus, concentré dans l’habitat collectif plutôt que dans les pavillons.  » Nous nous sommes focalisés dans les années 1990 et 2000 sur les cas les plus spectaculaires, ce qu’on a appelé des ghettos dorés, sans voir la banalisation de la fermeture, sans voir aussi que ce phénomène touchait tous les milieux sociaux, et pas uniquement les plus fortunés « , explique François Madoré, professeur d’université à l’Institut de géographie et d’aménagement de Nantes.

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