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Grand Paris : le réseau s’emmêle

6 janvier 2011

De Sybille Vincendon, pour Libération

Depuis le 30 septembre se déroule en Ile-de-France une bizarrerie administrative: deux débats publics, tenus en parallèle, sur deux projets de métro concurrents. L’un, le métro Grand Paris, dit aussi «Double Boucle» ou «Grand Huit», est défendu par le gouvernement. L’autre, Arc Express, par la région. Droite contre gauche, en somme. (…)

A l’origine de ce pataquès, une brutalité et un entêtement. Le brutal, c’est Christian Blanc, encore secrétaire d’Etat au Développement de la région capitale au printemps 2010. C’est lui qui élabore, en chambre, la loi Grand Paris, texte qui s’assoit sans complexe sur la décentralisation. L’Etat construira une double boucle de 150 kilomètres de métro automatique souterrain autour de la capitale, en dirigeant le chantier via la Société du Grand Paris (SGP). Environ 23 milliards d’euros d’investissement, à emprunter pour l’essentiel. Le préfet de région pilotera par ailleurs l’urbanisation autour des gares. C’est le retour de l’Etat aménageur époque général De Gaulle. Les élus sont snobés, le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) écarté d’autorité. La loi prévoit en outre que la Commission nationale du débat public sera saisie de la Double Boucle.

L’entêté, c’est Jean-Paul Huchon, le président socialiste de la région. Sur les transports, compétence régionale par excellence, il défend son pré carré. Converti sur le tard à l’idée que les déplacements de banlieue à banlieue devenaient une nécessité, il a fait élaborer par le Stif un projet de deux «arcs» de métro automatique, l’un au nord, l’autre au sud, baptisé «Arc Express». Une moitié de rocade. Et pour entériner au plus vite cette idée, il a saisi la Commission nationale du débat public, comme les textes l’y autorisent. Entre avril et juin, le débat parlementaire sur la loi Grand Paris se passe au plus mal. Un amendement sénatorial propose l’abandon du débat sur Arc Express, ce qui revient à enterrer le projet. Tollé chez les députés, un peu chamboulés par cette agression à la décentralisation. En commission mixte paritaire, députés et sénateurs se mettent d’accord pour la curieuse solution des deux débats publics parallèles. Qu’importe cet aléa, la Société du Grand Paris démarre le marathon des débats en position de force. Elle a la loi pour elle, 55 réunions au programme (contre 25 pour l’Arc Express), et la volonté gouvernementale.

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